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En tant que résident fiscal en France et travailleur frontalier, vous avez droit à plusieurs déductions fiscales sur vos revenus. Que vous soyez marié, avec des enfants, ou non, comprendre ces déductions peut réduire significativement votre impôt sur le revenu. Cet article vous explique les différentes charges déductibles et les particularités applicables aux frontaliers franco‑suisses.
Il existe plusieurs types de charges que vous pouvez déduire de votre revenu imposable, ce qui réduit le montant de l’impôt à payer. Voici les principales catégories :
Si vos frais professionnels dépassent le montant de l’abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, vous pouvez choisir de déduire vos frais réels. La déduction forfaitaire est automatiquement appliquée et s’élève à 10 % de vos salaires, avec un minimum de 504 € et un maximum de 14 426 € par membre du foyer fiscal pour les revenus de 2024. Lorsque cette déduction n’est pas suffisante, il est possible de déduire les frais engagés pour leur montant réel, à condition qu’ils soient justifiés et engagés dans l’intérêt direct de votre activité
Parmi les frais réels déductibles, on compte :
Vous pouvez déduire vos cotisations versées pour votre épargne retraite, comme les plans d’épargne retraite (PER), ainsi que certaines cotisations de prévoyance. Les versements effectués sont déductibles dans la limite de 10 % des revenus nets professionnels. Pour les versements effectués en 2024 (déclaration des revenus 2023), le plafond de déduction est de 35 194 € (ou minimum 4 399 €). Pour les versements réalisés en 2025 (déclaration 2024), le plafond passe à 37 094 € avec un minimum de 4 637 €. Le plafond non utilisé peut être reporté sur les trois années suivantes.
Concernant la prévoyance, les cotisations versées à des contrats de retraite ou d’invalidité peuvent être déduites dans des limites comparables. Pour les frontaliers cotisant à la LAMal ou à la CMU, la déduction des cotisations est traitée séparément (voir plus loin).
Les travailleurs frontaliers suisses doivent s’acquitter de cotisations sociales soit en Suisse (LAMal), soit en France (CMU/URSSAF‑STFS). Ces cotisations sont déductibles, mais la méthode varie selon le régime :
Elle est déductible du salaire ou de la pension suisse en tant que charge professionnelle avant la conversion du revenu net en euros. Concrètement, cette déduction est prise en compte dans la partie suisse de votre déclaration (formulaire 2047).
Elle doit être déclarée dans la case 6DD (« déductions diverses ») de la déclaration d’ensemble 2042.
Les cotisations de mutuelle ne sont pas déductibles.
Les sommes versées pour subvenir aux besoins d’un enfant ou d’un parent peuvent être déduites sous certaines conditions. Les règles diffèrent selon la situation :
En cas de séparation ou divorce, la pension versée à un enfant mineur dont vous n’avez pas la garde est déductible dans son intégralité. Aucune déduction n’est possible en cas de garde alternée
Pour un enfant majeur détaché de votre foyer fiscal, sans ressources suffisantes, la pension est déductible :
Elles sont déductibles si l’ascendant est dans le besoin. La déduction est plafonnée à 4 039 € sans justificatif lorsque l’ascendant est hébergé à votre domicile. Si l’ascendant vit ailleurs, la déduction n’est pas limitée mais doit être justifiée par les dépenses réelles
En cas de divorce, la prestation compensatoire peut être versée sous forme de capital ou de rente. Lorsque la prestation est versée sous forme de capital dans un délai de 12 mois, elle ouvre droit à une réduction d’impôt de 25 % du montant versé, retenu dans la limite de 30 500 €, soit une réduction maximale de 7 625 €. Si la prestation est versée sous forme de rente ou de capital échelonné sur plus de 12 mois, elle est déductible du revenu imposable au même titre que les pensions alimentaires.
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Prendre rendez-vousCertaines dépenses donnent droit à des crédits ou des réductions d’impôt, réduisant ainsi votre facture fiscale de manière directe.
Si vous employez un salarié à domicile (aide ménagère, garde d’enfants, jardinier, etc.), vous bénéficiez d’un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses effectivement supportées. Les dépenses sont retenues dans une limite annuelle de 12 000 €, majorée de 1 500 € par enfant à charge, par membre du foyer âgé de plus de 65 ans ou par ascendant bénéficiaire de l’APA, sans pouvoir dépasser 15 000 €. Ce plafond est porté à 15 000 € la première année où vous employez directement un salarié
Certaines situations ouvrent droit à un plafond de dépenses plus élevé :
Par ailleurs, certaines prestations sont soumises à des sous‑plafonds : 500 € par an pour les travaux de petit bricolage, 3 000 € pour l’assistance informatique et internet à domicile et 5 000 € pour les travaux de jardinage
Les dons faits à des associations ou œuvres caritatives reconnues d’utilité publique sont éligibles à une réduction d’impôt :
Lorsque la limite de 20 % du revenu imposable est dépassée, l’excédent peut être reporté sur les cinq années suivantes. Vous devez déclarer vos dons dans la déclaration n°2042 RICI et conserver le reçu fiscal émis par l’association
L’ancien crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) a été supprimé en 2021. Il est remplacé par l’aide MaPrimeRénov’, versée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour financer des travaux d’isolation, de chauffage ou de rénovation d’ampleur. Cette aide n’est plus une déduction fiscale mais une subvention qui dépend du niveau de revenus, du gain énergétique et du type de travaux. Depuis le 30 septembre 2025, seuls les ménages aux revenus très modestes, occupant des logements classés E, F ou G, peuvent déposer un dossier pour une rénovation d’ampleur, et un nombre limité de dossiers sera instruit jusqu’à fin 2025. Pour les gestes simples (parcours « par geste »), les forfaits d’aide sont maintenus mais sont voués à évoluer dans les années à venir.
Plusieurs dispositifs fiscaux encouragent l’investissement immobilier. L’article original mentionnait la loi Pinel. Il convient de préciser que ce dispositif est fermé aux nouvelles acquisitions depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Les investissements réalisés avant cette date continuent de bénéficier de la réduction d’impôt si les conditions sont respectées. Pour les acquisitions réalisées en 2024, les taux de réduction étaient de 9 % pour une location de 6 ans, 12 % pour 9 ans et 14 % pour 12 ans, dans la limite de 300 000 € par contribuable et 5 500 € par m².
Depuis janvier 2025, aucune nouvelle opération n’est éligible au Pinel, seul le suivi des engagements en cours demeure.
D’autres dispositifs (Denormandie, LMNP, Malraux, etc.) peuvent s’appliquer selon le type de bien et sa localisation, il est conseillé de se faire accompagner par un spécialiste pour vérifier leur pertinence.
Les travailleurs frontaliers suisses bénéficient de déductions fiscales particulières.
Comme indiqué ci‑dessus, les cotisations LAMal sont déduites du salaire suisse avant conversion en euros, tandis que les cotisations URSSAF‑STFS (CMU) sont déclarées en case 6DD de la déclaration 2042. Cette distinction est importante pour calculer correctement le revenu net imposable en France.
Lorsque l’activité en Suisse oblige le salarié à disposer d’un second logement en France, les dépenses liées à cette double résidence (loyer, charges, frais de transport) peuvent être déduites au titre des frais réels. Toutefois, l’éloignement doit être justifié par la distance entre le lieu de travail et le domicile familial du conjoint, une séparation choisie pour convenance personnelle ne permet pas de bénéficier de cette déduction
Les travailleurs frontaliers payant l’impôt à la source dans le canton de Genève peuvent demander une Taxation ordinaire ultérieure (TOU) afin de prendre en compte des déductions supplémentaires. Pour bénéficier du statut de quasi‑résident, au moins 90 % de vos revenus bruts mondiaux (y compris ceux de votre conjoint) doivent être imposables en Suisse. La TOU permet alors de déduire les rachats de cotisations du 2ᵉ pilier (LPP), les cotisations du 3ᵉ pilier A, les frais de garde d’enfant, les pensions alimentaires et les frais de formation. La demande doit être renouvelée chaque année.
Si vous constatez une erreur dans votre déclaration (omission de charges déductibles ou de crédits d’impôt, par exemple), vous pouvez corriger votre déclaration en ligne depuis votre espace particulier dans un délai généralement ouvert de fin juillet à mi‑décembre pour l’année en cours. Au‑delà, une réclamation écrite reste possible dans les délais prévus par la loi. Cette démarche permet de régulariser votre situation sans pénalité.
Les frontaliers suisses peuvent également déduire les sommes versées pour le rachat de leur caisse de prévoyance LPP (2ᵉ pilier). Dans la déclaration française, ces rachats sont intégrés dans le calcul du revenu net imposable du salaire suisse : le formulaire 2047‑Suisse précise que les rachats du 2ᵉ pilier légalement obligatoire sont déductibles dans la limite de 12 trimestres. Ces rachats sont également pris en compte dans le cadre de la TOU pour les quasi‑résidents.
Les travailleurs frontaliers français peuvent bénéficier de nombreuses déductions fiscales afin de réduire leur revenu imposable. De la déduction des frais professionnels à l’optimisation des cotisations sociales suisses, il existe une multitude de possibilités pour alléger la facture fiscale. Les crédits d’impôt liés à l’emploi d’un salarié à domicile ou aux dons, ainsi que les dispositifs d’épargne retraite, sont autant de leviers à mobiliser. En tant que frontalier, il est essentiel de connaître les spécificités liées à votre situation (LAMal/CMU, double résidence, quasi‑résidence à Genève) et de préparer correctement votre déclaration d’impôt pour profiter de ces avantages. N’hésitez pas à consulter un expert pour vous assurer que vous maximisez vos déductions fiscales et restez conforme à vos obligations.
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