Pourquoi le plan épargne retraite est-il si efficace contre l’impôt ?

Plan épargne retraite et impôt : illustration des avantages fiscaux pour réduire ses impôts

En 2026, les frontaliers suisses et plus largement tous les contribuables qui préparent leur retraite s’intéressent au Plan d’épargne retraite (PER), notamment lors de la déclaration d’impôt du mois de mai. Ce dispositif a remplacé les anciens PERP et contrats Madelin et permet de constituer une épargne à long terme tout en bénéficiant d’une déduction fiscale. L’article qui suit fait le point sur les avantages fiscaux du PER, ses plafonds et les nouveautés apportées par la loi de finances 2026.

Comment fonctionne le PER ?

Créé par la loi PACTE de 2019, le PER est un produit d’épargne destiné à financer la retraite. Il existe trois catégories :

  • Le PER individuel (PERIN), accessible à tous, successeur des anciens PERP et contrats Madelin. Il est alimenté par des versements volontaires et peut recevoir les transferts d’anciens produits d’épargne retraite. Lors du départ en retraite ou dans certains cas de déblocage anticipé, les droits peuvent être liquidés en rente ou en capital.
  • Le PER d’entreprise collectif (Pereco), qui remplace progressivement l’ancien Perco. Il est alimenté par le salarié (versements volontaires, participation, intéressement ou jours de compte épargne‑temps) et par l’entreprise. L’épargne est disponible à la retraite sous forme de rente ou de capital.
  • Le PER d’entreprise obligatoire (Pero) pour les salariés dont l’entreprise a mis en place un régime obligatoire. Les versements de l’entreprise et ceux du salarié sont obligatoires et les droits issus de ces versements obligatoires sont toujours liquides sous forme de rente viagère.

Les cotisations versées sur ces plans permettent d’obtenir un avantage fiscal important : elles sont déduites du revenu imposable dans certaines limites. En contrepartie, les sommes restent bloquées jusqu’à la retraite (sauf cas exceptionnels) et sont imposables à la sortie.

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Déduction ou réduction : quelle différence ?

Le PER ouvre droit à une déduction du revenu et non à une réduction ou à un crédit d’impôt. Verser sur un PER ne baisse pas directement le montant de l’impôt à payer, cela réduit la base imposable. Par exemple, si une personne verse 1 000 € sur un PER alors qu’elle est imposée à 30 %, son revenu imposable baisse de 1 000 € et son impôt diminue d’environ 300 €. Plus la tranche marginale d’imposition est élevée, plus le gain fiscal est important : un contribuable imposé à 45 % économisera 450 € pour un versement de 1 000 €. Cette déduction n’est pas immédiate : les versements de 2026 seront déclarés en avril 2027 et l’avantage fiscal sera restitué lors de l’avis d’imposition 2027.

Plafonds de déduction pour 2026

Principes généraux

Les sommes versées sur un PER en 2026 sont déductibles du revenu imposable de 2026, mais dans la limite d’un plafond annuel. Selon le site officiel service‑public.fr, les versements sont déductibles dans la limite d’un plafond calculé pour chaque membre du foyer fiscal. Le plafond peut être mutualisé si l’on est marié ou pacsé et, en cas de non‑utilisation, la partie inutilisée est reportable sur les trois années suivantes.

Pour 2026, le plafond de déduction dépend du statut :

    • Salariés, retraités ou personnes sans activité : le plafond correspond à 10 % des revenus d’activité nets de frais professionnels de 2025, avec un maximum de 37 680 €, ou 4 710 € si ce montant est plus élevé. Cette limite est calculée par l’administration fiscale et figure sur l’avis d’imposition.
    • Travailleurs non salariés (TNS) : le plafond est plus élevé. Il est égal à 10 % du bénéfice imposable augmenté de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre une et huit fois le Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2026, le PASS a été revalorisé à 48 060 € par an et 4 005 € par mois.
    • Minimum garanti : si les revenus sont faibles, un plancher de 4 710 € (10 % du PASS N‑1) s’applique. Pour un TNS, le plancher est légèrement supérieur, autour de 4 806 €.

Report et mutualisation des plafonds

Un atout majeur du PER est la possibilité de reporter l’enveloppe non utilisée : si vous ne versez pas la totalité de votre plafond en 2026, le solde peut être utilisé pendant les trois années suivantes. Cela permet d’augmenter fortement les versements sur une année où les revenus sont plus élevés. Les couples mariés ou pacsés soumis à une imposition commune peuvent également mutualiser leurs plafonds pour optimiser la déduction.

Nouveautés fiscales 2026 : ce qui change

La loi de finances pour 2026 apporte plusieurs ajustements :

Fin de la déduction après 70 ans

Selon la presse spécialisée, les députés ont validé un amendement supprimant la possibilité de déduire les versements effectués après 70 ans. Le budget 2026 adoptée confirme cette mesure : les versements réalisés après 70 ans n’ouvriront plus droit à déduction. Cet ajustement vise à recentrer le PER sur sa vocation de préparation de la retraite et non comme outil de transmission.

Report de plafond étendu à 5 ans

En compensation, le cumul des plafonds inutilisés serait désormais possible sur cinq ans, contre trois auparavant. Ce rallongement augmente la flexibilité pour les ménages qui connaissent des revenus irréguliers.

Revalorisation du barème d’impôt 

Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 a été revalorisé de 0,9 % sur les revenus 2025. Les tranches d’imposition deviennent ainsi : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % entre 11 601 € et 29 579 €, 30 % entre 29 580 € et 84 577 €, 41 % entre 84 578 € et 181 917 € et 45 % au‑delà. Cette actualisation a un effet direct sur le gain fiscal généré par les versements sur un PER.

Comment déclarer ses versements PER ?

Les versements effectués sur votre PER en 2026 doivent être reportés dans la rubrique « Charges déductibles » de votre déclaration de revenus n° 2042. Le site service‑public.fr rappelle que les cotisations d’épargne retraite versées en 2026 seront à déclarer en 2027 et qu’il convient de cocher la case permettant la mutualisation des plafonds si vous êtes marié ou pacsé. Chaque membre du foyer fiscal dispose d’un plafond personnalisé, l’administration fiscale l’indique sur l’avis d’imposition. Les travailleurs non salariés qui déduisent leurs cotisations sur leur bénéfice professionnel doivent ajuster leur déclaration en conséquence.

PER et indépendants : un outil performant pour les TNS

Pour les travailleurs non salariés (commerçants, professions libérales, chefs d’entreprise), le PER est particulièrement intéressant. Le plafond de déduction plus élevé (10 % du bénéfice + 15 % de la part de bénéfice entre 1 et 8 PASS) permet de réduire fortement le bénéfice imposable. L’adhérent peut choisir de déduire ses versements du bénéfice ou du revenu global, ce qui offre une grande souplesse de gestion. Les TNS ont aussi la possibilité d’étaler leurs versements en fonction de leur trésorerie et de reporter les plafonds non utilisés sur cinq ans (dans les nouvelles règles 2026), ce qui est particulièrement utile en cas de revenus irréguliers.

Quelles conséquences à la sortie ?

À la retraite, l’épargne du PER peut être perçue sous forme de rente viagère, de capital ou d’un mix des deux. La fiscalité dépend du mode de sortie :

Rente viagère

Elle est soumise à l’impôt sur le revenu après un abattement de 10 %, puis aux prélèvements sociaux. La sortie en rente est obligatoire pour les versements issus de plans d’entreprise obligatoires.

Sortie en capital

Elle est taxée comme un revenu exceptionnel ; seule la part correspondant aux gains financiers est soumise à l’impôt, selon le barème progressif de l’impôt, et aux prélèvements sociaux. Les versements volontaires peuvent être récupérés en une ou plusieurs fois.

Les modalités de sortie doivent être anticipées, car la fiscalité appliquée à la retraite peut être différente de celle en phase de constitution. En outre, les règles d’héritage font partie intégrante de la stratégie : actuellement, les sommes issues de versements volontaires bénéficient d’abattements similaires à ceux de l’assurance vie (152 500 € avant 70 ans et 30 500 € après 70 ans). Un projet de réforme débattu en 2026 envisage toutefois d’intégrer ces encours dans l’impôt sur le revenu avant l’application des droits de mutation, ce qui pourrait réduire l’avantage successoral du PER. La mesure n’est pas encore définitivement votée, mais il est prudent de rester informé.

Conseils pour optimiser votre PER en 2026

  1. Définir sa tranche d’imposition : le gain fiscal lié au PER dépend directement de votre tranche marginale d’imposition. Plus celle‑ci est élevée, plus l’avantage est important. Avant de verser, il est donc essentiel de connaître votre tranche et d’utiliser des simulateurs (par exemple celui proposé par l’administration fiscale) pour estimer votre économie.
  2. Utiliser pleinement son plafond : le plafond de déduction est un « droit à déduction ». Si vos revenus sont élevés en 2026, profitez‑en pour verser plus et optimiser votre réduction d’impôt. Le report sur cinq ans (trois ans pour les versements 2025 et antérieurs) vous permet également de lisser vos versements sur plusieurs années.
  3. Mutualiser en couple : si vous êtes marié ou pacsé, pensez à cocher la case de mutualisation des plafonds lors de votre déclaration. Cela permet d’utiliser le plafond du conjoint, même s’il n’a pas versé.
  4. Comparer les frais et la gestion : outre l’avantage fiscal, le choix du PER doit tenir compte des frais de gestion, des options de gestion pilotée ou libre et des supports d’investissement (fonds euros, unités de compte, investissements responsables, etc.). Un PER avec des frais modérés et un univers de placements diversifié maximise le rendement net de frais.
  5. Anticiper la sortie : réfléchissez à l’avance à la façon dont vous souhaitez récupérer votre épargne (rente, capital ou mix). Selon vos projets, l’impact fiscal diffère. Pensez aussi à la transmission à vos héritiers et aux éventuels changements législatifs.

PER pour les frontaliers suisses : un levier de défiscalisation en France

Les frontaliers qui travaillent en Suisse et déclarent leurs revenus en France peuvent aussi ouvrir un PER en France. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable français. Cette possibilité s’ajoute aux produits suisses, comme le troisième pilier A, qui permet une déduction en Suisse uniquement si le frontalier opte pour le statut de quasi‑résident. Le PER français offre ainsi une solution supplémentaire pour réduire l’imposition en France tout en constituant un complément de retraite.

Toutefois, pour les frontaliers, la fiscalité transfrontalière est complexe : il convient de vérifier si 90 % des revenus du foyer sont imposés en Suisse afin de bénéficier d’avantages fiscaux sur le 3e pilier, et de se faire accompagner par un professionnel pour déterminer la combinaison optimale entre PER français et dispositifs suisses.

Conclusion

Le Plan d’épargne retraite est devenu l’outil de référence pour préparer sa retraite tout en réduisant son impôt. En 2026, les règles du jeu évoluent : fin de la déduction après 70 ans, extension du report à cinq ans et revalorisation des tranches d’imposition. Pour les salariés comme pour les travailleurs indépendants, et même pour les frontaliers, le PER demeure un puissant levier de défiscalisation et un outil de constitution de patrimoine à long terme.

Euralliance Life accompagne ses clients dans le choix, la souscription et la gestion de leur PER. Grâce à un diagnostic personnalisé, nos courtiers évaluent votre situation fiscale et vous orientent vers la solution la plus adaptée. Transformez vos démarches fiscales en opportunité : contactez nos experts pour optimiser votre préparation retraite et profiter pleinement des avantages fiscaux du PER.

Auteur : Mehdi CHEVIGNOT

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