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Les travailleurs frontaliers franco‑suisses sont de plus en plus nombreux. Les salaires suisses élevés et la qualité de vie française attirent les actifs des deux côtés de la frontière. Mais concilier ces deux univers suppose de naviguer dans des règles fiscales et sociales très spécifiques. Ce guide vous explique comment fonctionne l’imposition lorsque l’on travaille en Suisse et vit en France, quelles démarches effectuer et surtout comment optimiser votre fiscalité. Il s’appuie sur des sources officielles et l’expertise d’Euralliance Life, spécialiste franco‑suisse depuis plus de 35 ans.
Un travailleur frontalier est une personne qui réside en France et exerce une activité professionnelle en Suisse tout en rentrant régulièrement chez lui. Pour être reconnu comme frontalier, il faut rentrer en France au moins une fois par semaine et disposer d’un contrat de travail suisse. L’autorité cantonale délivre alors un permis G, valable cinq ans, qui autorise le travail transfrontalier. Cette définition est rappelée par l’administration fiscale et s’appuie sur les accords franco‑suisses : un salarié qui travaille à Genève et rentre chaque soir à Annecy est frontalier, tandis qu’un cadre envoyé pour un projet de quelques mois à Zurich et qui ne rentre que le week‑end ne bénéficie pas de ce statut .
Planifiez votre rendez-vous avec les experts d’Euralliance Life. Remplissez le formulaire en cliquant ci-dessous avec vos informations. Nos conseillers reviendront vers vous pour des conseils adaptés à votre situation.
Prendre rendez-vousLa Suisse étant une confédération, chaque canton décide de sa fiscalité. L’endroit où vous travaillez détermine donc où l’impôt sur le revenu est dû .
À noter : les frontaliers qui passent plus de 45 nuits par an en Suisse ou qui travaillent pour un employeur public suisse perdent le régime frontalier et sont imposés en Suisse .
Même si vos revenus sont taxés à la source en Suisse, votre domicile étant en France, vous devez déclarer l’ensemble de vos revenus à l’administration fiscale française. L’objectif est d’éviter la double imposition : la France applique un crédit d’impôt égal à l’impôt français calculé sur votre salaire suisse . Ce mécanisme neutralise l’impôt français lorsque le salaire a déjà été soumis à l’impôt suisse, mais l’impôt suisse reste à votre charge .
Pour convertir vos salaires suisses en euros, l’administration recommande d’utiliser le cours du change à Paris au jour de l’encaissement. Par tolérance, vous pouvez utiliser un taux moyen annuel fourni par le formulaire 2047‑Suisse pour convertir les montants . Les revenus exceptionnels (capital de deuxième ou troisième pilier, stock‑options, etc.) doivent toutefois être convertis au cours du jour.
Pour préparer votre déclaration, rassemblez :
À Genève, l’impôt est retenu chaque mois par l’employeur sur la base d’un taux calculé selon votre situation familiale. Ce prélèvement s’appuie sur une déclaration remplie lors de votre embauche indiquant le nombre d’enfants et la situation du conjoint. Le statut de quasi‑résident peut être demandé pour déduire certains frais et charges, mais il n’est pas toujours avantageux . L’impôt prélevé en Suisse n’est pas déductible en France, d’où l’importance de bien remplir votre déclaration française pour bénéficier du crédit d’impôt.
Les frontaliers disposent de plusieurs leviers pour réduire leur charge fiscale tout en restant en conformité :
En France, vous pouvez déduire vos dépenses professionnelles au réel plutôt que d’utiliser la déduction forfaitaire de 10 % des revenus bruts. Les frais réels comprennent notamment :
Pour bénéficier de ces déductions, conservez toutes les factures et mentionnez‑les dans le formulaire de déclaration.
Les cotisations au deuxième pilier (prévoyance professionnelle obligatoire) sont déductibles du revenu imposable en Suisse et renforcent votre retraite. Elles offrent des avantages fiscaux immédiats tout en garantissant des prestations de retraite, de survie et d’invalidité. Le troisième pilier est un plan de retraite privé volontaire : ses contributions sont également déductibles dans la limite d’un plafond (7 052 CHF en 2023) et offrent flexibilité et options d’investissement. Toutefois, l’impact global de ces déductions doit être évalué, car vos revenus restent déclarés en France.
Les frontaliers ont le choix entre l’assurance suisse LAMal et la CMU française. Les primes LAMal sont forfaitaires et déductibles du revenu imposable en Suisse, ce qui peut réduire fortement votre base imposable. La CMU, calculée en pourcentage du revenu fiscal, est moins chère mais n’ouvre pas droit à de déduction fiscale. De plus, la LAMal offre une couverture complète en Suisse et, avec le formulaire S1, en France, alors que la CMU couvre principalement les soins en France. Votre choix doit tenir compte de votre niveau de revenu et de votre situation familiale.
Dans les huit cantons frontaliers, les heures supplémentaires au‑delà d’un certain seuil (1840 h/an) peuvent être exonérées d’impôt en France . Certains produits d’épargne français (PERIN) permettent également de réduire votre impôt sur le revenu. Ces dispositifs doivent être étudiés avec un expert car ils varient selon la situation.
Depuis 2023, la France et la Suisse ont instauré une tolérance permettant aux frontaliers de télétravailler jusqu’à 40 % de leur temps de travail annuel sans modifier leur régime d’imposition. Tant que cette limite n’est pas dépassée, la totalité du salaire reste imposable en Suisse et soumise au prélèvement à la source. Au‑delà de 40 %, la part de rémunération correspondant aux jours télétravaillés devient imposable en France dès le premier jour de dépassement. Les accords de télétravail transitoires ont été prolongés jusqu’au 31 décembre 2025 et un avenant permanent devrait entrer en vigueur en 2026, il est donc recommandé de suivre l’actualité fiscale pour connaître les nouvelles obligations.
Le portail impots.gouv.fr propose un espace particulier où vous pouvez déclarer vos revenus, ajuster votre acompte contemporain et télécharger les formulaires 2041‑AS et 2047‑Suisse. Le site de la préfecture de Haute‑Savoie met à disposition des FAQ détaillées pour les frontaliers, précisant que la déclaration en France est obligatoire et que le crédit d’impôt est prévu pour éviter la double taxation. Les frontaliers peuvent également utiliser des simulateurs en ligne pour vérifier leur éligibilité au statut de quasi‑résident ou calculer leur impôt à la source.
Sur smartphone, il existe plusieurs applications de calcul fiscal. Les cantons mettent par exemple à disposition des simulateurs d’impôt à la source, et des apps privées permettent d’estimer vos contributions sociales. Toutefois, ces outils restent des indicateurs : rien ne remplace l’avis d’un professionnel qui connaît votre situation.
Pour déclarer correctement vos revenus, prévoyez :
Respecter ces formalités vous évitera des redressements fiscaux et vous permettra de bénéficier des crédits et déductions auxquels vous avez droit.
Au‑delà de l’attrait des salaires suisses, le statut de frontalier offre des avantages fiscaux significatifs :
La fiscalité transfrontalière est complexe : chaque canton applique des règles différentes, les accords bilatéraux évoluent régulièrement et les stratégies d’optimisation varient selon la situation familiale et patrimoniale. Euralliance Life accompagne les frontaliers depuis 1989 et dispose d’une expertise pointue des régimes français et suisses. Le cabinet met en avant :
Travailler en Suisse tout en vivant en France est un projet attrayant mais exigeant. Le lieu de travail et le canton déterminent où l’impôt est prélevé, la déclaration en France reste obligatoire, et des crédits d’impôt permettent d’éviter la double imposition. Les frontaliers peuvent optimiser leur fiscalité en choisissant la bonne assurance maladie, en déduisant leurs frais réels et en cotisant aux piliers de prévoyance. Les règles évoluent, notamment avec la tolérance sur le télétravail de 40 % et l’avenant à la convention fiscale attendu en 2026 .
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