Restez informés de nos actualités
Inscrivez vous à notre newsletter pour ne rien manquer de nos actualités. Entrez votre adresse e-mail dans le champ ci-contre pour vous inscrire.

La taxation ordinaire ultérieure (TOU) est un dispositif créé par la réforme de l’imposition à la source entrée en vigueur en 2021. Il permet aux personnes soumises à l’impôt à la source (salariés étrangers ou frontaliers) de passer à un régime de taxation ordinaire afin de prendre en compte leur situation réelle. La TOU ne se limite pas aux résidents : les frontaliers peuvent en bénéficier à certaines conditions. Ce guide met à jour nos explications avec les informations des administrations cantonales (Genève, Vaud, Neuchâtel, Valais, Fribourg, Berne) et de l’Administration fédérale des contributions.
En Suisse, les contribuables sans permis C ou domiciliés à l’étranger sont imposés à la source : l’employeur prélève l’impôt sur le salaire selon un barème forfaitaire. Ce barème inclut seulement quelques déductions (cotisations AVS/LPP, frais de repas et primes d’assurance maladie) et ignore de nombreuses situations particulières. La taxation ordinaire ultérieure est la procédure permettant de remplir une déclaration d’impôt ordinaire l’année suivante, afin que l’administration tienne compte :
La TOU remplace l’ancienne “taxation complémentaire ordinaire” depuis l’année fiscale 2021. Dans le cadre de cette procédure, les impôts prélevés à la source sont déduits de l’impôt final. Selon la situation, le contribuable peut recevoir un remboursement ou payer un complément.
Planifiez votre rendez-vous avec les experts d’Euralliance Life. Remplissez le formulaire en cliquant ci-dessous avec vos informations. Nos conseillers reviendront vers vous pour des conseils adaptés à votre situation.
Prendre rendez-vousL’imposition à la source simplifie la vie de l’employeur mais ne reflète pas toujours la capacité contributive réelle. Les barèmes appliquent des déductions forfaitaires qui peuvent être inférieures à vos frais réels ou à votre situation familiale. En demandant une TOU, le contribuable peut optimiser sa fiscalité et corriger les inégalités de traitement entre personnes taxées à la source et celles soumises à la taxation ordinaire. Cela permet notamment :
Toutefois, la TOU n’est pas toujours avantageuse : elle peut entraîner une charge fiscale plus élevée si les retenues à la source étaient inférieures au montant calculé selon la taxation ordinaire Il est donc conseillé de comparer la charge estimée avant de déposer une demande.
La situation diffère selon que l’on est résident en Suisse (assujettissement illimité) ou non‑résident (frontaliers ou personnes domiciliées à l’étranger). Dans tous les cas, la demande doit parvenir à l’administration fiscale au plus tard le 31 mars de l’année suivant l’année fiscale.
Pour certaines catégories de contribuables, l’administration fiscale applique automatiquement la taxation ordinaire ultérieure ou oblige le contribuable à s’annoncer :
Une fois soumises à la TOU obligatoire, ces personnes et leur conjoint restent dans ce régime jusqu’à la fin de l’assujettissement à l’impôt à la source, même si les conditions ne sont plus remplies ou en cas de séparation.
Les personnes imposées à la source qui ne remplissent pas les conditions d’obligation peuvent demander volontairement une TOU afin d’intégrer des déductions supplémentaires. Les modalités diffèrent selon que l’on est résident ou non‑résident :
Ils peuvent demander la TOU sans condition particulière. La demande est déposée une seule fois, elle vaut pour toutes les années suivantes et ne peut pas être retirée. Une fois soumis, le contribuable et son conjoint continuent à être taxés selon le régime ordinaire ultérieur jusqu’à la fin de l’imposition à la source.
Pour être admissible, il faut que 90 % au moins des revenus mondiaux bruts (y compris ceux du conjoint) soient imposables en Suisse. À défaut, la demande peut être acceptée si les revenus dans le pays de résidence sont trop faibles pour bénéficier de déductions équivalentes ou si une convention de double imposition prévoit la déduction de cotisations de prévoyance étrangère. Le canton de Berne rappelle que la demande doit être renouvelée chaque année et signée par les deux conjoints si le couple n’est pas séparé. En outre, un représentant ou une adresse en Suisse doit être désigné pour la correspondance.
Certaines situations entraînent une TOU prononcée d’office sans demande du contribuable :
Avant de demander la TOU, il est crucial d’évaluer si vos déductions potentielles dépassent celles déjà prises en compte dans les barèmes de l’impôt à la source. Les cantons de Genève, Vaud et Valais mettent à disposition des tableaux de déductions et des calculettes de quasi‑résidence pour vous aider à comparer. Les frontaliers doivent calculer la part de leurs revenus imposables en Suisse (≥ 90 %).
Chaque canton propose un formulaire spécifique :
Le formulaire comporte généralement deux parties :
Pour les non‑résidents, il est impératif d’annexer le formulaire de quasi‑résidence attestant que 90 % des revenus mondiaux sont imposables en Suisse. La demande doit être signée par les deux conjoints si vous êtes mariés et non séparés. Valais et Genève exigent que le formulaire soit transmis uniquement par voie électronique.
La date limite de dépôt de la demande est fixée au 31 mars de l’année qui suit l’année fiscale : par exemple, pour l’année fiscale 2025, la demande de TOU doit être déposée au plus tard le 31 mars 2026. Ce délai est un délai de péremption au sens du droit fiscal fédéral et n’est pas prolongeable, une demande tardive est irrecevable. En cas de départ de Suisse en cours d’année, le Valais indique que la demande doit être déposée lors de l’annonce de départ.
Pour les résidents, la demande ne doit être faite qu’une fois, l’administration cantonale transmettra ensuite automatiquement la déclaration d’impôt chaque année. Les frontaliers et non‑résidents doivent renouveler leur demande chaque année.
Rassemblez vos certificats de salaire, attestations de prévoyance et justificatifs de frais dès la fin de l’année pour éviter de manquer la date du 31 mars.
Utilisez les tableaux de déductions ou les calculettes mises à disposition par les cantons pour comparer la retenue à la source et l’imposition ordinaire.
En cas de doute sur la quasi‑résidence, sur les déductions possibles ou si vous détenez des biens en Suisse, n’hésitez pas à consulter un conseiller fiscal. Certains cantons, comme Genève, mettent en garde contre les conséquences d’une TOU qui augmente la charge fiscale.
La demande doit être complète et signée. Le canton de Berne rappelle qu’une demande incomplète est irrecevable. N’oubliez pas de désigner un représentant en Suisse si vous résidez à l’étranger.
Après traitement de la déclaration, l’impôt à la source prélevé sera imputé sur l’impôt final, ce qui peut se traduire par un remboursement ou un paiement supplémentaire. Les bordereaux sont généralement envoyés dans les 6 à 8 semaines suivant le dépôt.
Pour un frontalier travaillant à Genève, demander la TOU peut être avantageux si :
En revanche, si vos dépenses déductibles sont limitées et que vos revenus soumis à la source sont modestes, le régime forfaitaire peut s’avérer plus avantageux. La TOU implique également un engagement sur la durée : pour les résidents, elle s’applique jusqu’à ce que vous obteniez un permis C ou cessiez d’être imposé à la source;pour les frontaliers, la demande doit être renouvelée chaque année et ne peut être retirée une fois déposée.
La taxation ordinaire ultérieure est un outil puissant pour adapter votre imposition à votre situation réelle, mais elle nécessite une bonne préparation et le respect de délais stricts. Les frontaliers de Genève doivent en particulier vérifier leur statut de quasi‑résident et l’intérêt de passer du barème forfaitaire à la taxation ordinaire. Pour éviter des erreurs coûteuses, n’hésitez pas à faire appel à un spécialiste et à consulter les informations actualisées des administrations cantonales.
Les travailleurs frontaliers franco‑suisses sont de plus en plus nombreux. Les salaires suisses élevés et la qualité de vie française...
Lire la suiteTravailleurs frontaliers qui résident en France et perçoivent un salaire genevois ainsi que résidents du canton de Genève soumis à...
Lire la suiteDans le paysage foisonnant du conseil patrimonial, les travailleurs frontaliers franco‑suisses se retrouvent souvent ballottés entre banques, fiduciaires et cabinets...
Lire la suite