Quel est le salaire d’un frontalier travaillant en Suisse ?

Billets en francs suisses dépassant d’une poche de pantalon, symbolisant le salaire d’un frontalier suisse.

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Comprendre le salaire d’un frontalier suisse en 2026

Travailler en Suisse en résidant en France est devenu un choix attractif pour de nombreux actifs. À la clé : des salaires nettement plus élevés qu’en France et un marché du travail dynamique. En 2025, le salaire brut annuel moyen en Suisse atteint environ 95 000 CHF, tandis que le salaire médian est de 88 200 CHF. Selon l’étude comparative de Ecla.com, le salaire annuel suisse moyen s’élève à 67 409 € (soit 5 617 €/mois) contre 38 184 € en France, ce qui représente un écart de 76,5 %. Cette différence se retrouve également dans le Genevois : les frontaliers déclarent un niveau de vie environ 1,7 fois supérieur à celui de leurs voisins français.

Cependant, ce revenu plus élevé s’accompagne de particularités : la semaine de travail est souvent de 42 heures contre 35 h en France, les charges sociales sont plus faibles mais la couverture sociale est différente, et l’impôt peut être prélevé en Suisse ou en France selon le canton. L’objectif de cet article est de fournir une vue d’ensemble claire et pédagogique du salaire frontalier suisse en 2025, en s’appuyant sur des sources fiables et actualisées.

Quel est le niveau de rémunération en Suisse ?

Salaire moyen et salaire médian : chiffres officiels 2025

Les statistiques officielles 2025 montrent que le salaire moyen suisse est de 95 000 CHF annuel brut, tandis que la médiane se situe à 88 200 CHF. Ces valeurs traduisent une progression régulière : le salaire médian était de 79 000 CHF en 2021, 85 640 CHF en 2024 et 88 200 CHF en 2025, soit une croissance moyenne de 2,8 % par an. L’écart entre le salaire moyen et le salaire médian (7,7 %) s’explique par les rémunérations très élevées dans certains secteurs (finance, pharma, informatique) qui tirent la moyenne vers le haut.

Pour les travailleurs frontaliers, l’étude Hello Frontalier indique que la moyenne se situe autour de 5 904 CHF mensuels tandis que les emplois hautement qualifiés peuvent atteindre 10 866 CHF par mois et les postes peu qualifiés environ 4 395 CHF. Ces chiffres montrent que, malgré une moyenne nationale élevée, la distribution des revenus varie fortement selon le niveau de qualification et le secteur.

Salaires par secteur : les métiers qui paient le plus aujourd’hui

Plusieurs études confirment que certains secteurs offrent des rémunérations nettement supérieures à la moyenne. L’article d’Ecla.com classait déjà la finance et la banque en tête avec des salaires pouvant dépasser 16 000 CHF par mois, suivis de la pharmacie (8 000 – 12 000 CHF), de l’informatique (environ 10 000 CHF), de la médecine (jusqu’à 12 000 CHF pour les médecins) et de l’énergie (8 000 – 10 000 CHF). 

Le guide Hello Frontalier 2025 affine ces chiffres en publiant les salaires annuels médians et les taux de croissance par secteur : la finance et l’assurance affichent un salaire médian de 110 500 CHF avec une croissance de 8 %, la technologie et l’informatique 107 200 CHF (+12 %), l’industrie pharmaceutique 106 300 CHF (+7 %), la santé 85 700 CHF (+10 %) et les services/commerces 72 400 CHF (+5 %).

Ces montants montrent que les secteurs à forte valeur ajoutée restent les plus rémunérateurs, tandis que le commerce et les services présentent des niveaux de salaire moins élevés.

Salaires et minimums par canton : où gagne‑t‑on le mieux ?

Le niveau de rémunération varie sensiblement selon le canton d’emploi. Le canton de Zurich est régulièrement en tête avec un salaire moyen supérieur à 7 096 CHF par mois, tandis que le canton du Tessin est plus modeste, autour de 5 363 CHF. Dans le canton de Genève, la rémunération moyenne est proche de 6 074 CHF mensuels et un salaire minimum légal est appliqué ; celui‑ci est passé à 24,48 CHF de l’heure (soit environ 4 455 CHF brut par mois pour une semaine de 42 heures) au 1ᵉʳ janvier 2025. D’autres cantons romands ont également instauré un salaire minimum : Neuchâtel (20,77 CHF/h), Jura (20,60 CHF/h), Bâle‑Ville (19,50 CHF/h) et Tessin (19,50 CHF/h).

Le tableau ci‑dessous résume quelques minimums cantonaux et les salaires mensuels correspondants (calculés pour 42 heures de travail par semaine).

CantonSalaire minimum horaire Salaire minimum mensuel
Genève24,48 CHF/h4 455 CHF brut/mois
Neuchâtel20,77 CHF/h≈ 3 780 CHF
Jura20,60 CHF/h≈ 3 749 CHF
Bâle‑Ville19,50 CHF/h≈ 3 822 CHF
Tessin19,50 CHF/h≈ 3 458 CHF
ValaisPas de salaire minimum cantonal≈ 6 800 CHF (salaire médian mensuel brut)
VaudPas de salaire minimum cantonal≈ 8 000 CHF (salaire médian mensuel brut)
ZurichPas de salaire minimum cantonal≈ 10 000 CHF/mois (120 000 CHF de salaire moyen annuel en 2025
FribourgPas de salaire minimum cantonal≈ 6 330 CHF (salaire médian mensuel brut 2024)
BernePas de salaire minimum cantonal≈ 7 667 CHF par mois (92 000 CHF de salaire moyen annuel; médian ≈ 87 200 CHF

Ces valeurs montrent que les cantons francophones affichent des minima plus élevés pour compenser un coût de la vie souvent supérieur (logement, transports). Par ailleurs, le travail hebdomadaire à plein temps est généralement de 42 heures en Suisse, voire jusqu’à 45–50 heures dans certaines professions, ce qui contribue aux salaires plus élevés.

Charges sociales et calcul du salaire net

Quelles cotisations sociales doit-on payer en Suisse ?

Le calcul du salaire net débute par le prélèvement des charges sociales. En 2025, les contributions prélevées sur la fiche de paie d’un frontalier suisse sont détaillées comme suit :

    • AVS (assurance vieillesse et survivants) : 4,35 % du salaire.
    • AI (assurance invalidité) : 0,7 %.
    • APG (allocation perte de gain) : 0,25 %.
    • Assurance chômage (AC) : 1,1 % jusqu’à 148 200 CHF, puis une contribution supplémentaire au‑delà.
    • LPP (2ᵉ pilier – prévoyance professionnelle) : taux variable selon l’âge, de 7 % pour les 25‑34 ans à 18 % pour les 55‑64 ans.
    • Assurance accident non professionnel : financée par l’employeur (1 % – 3 %).

Au total, ces prélèvements représentent en moyenne 12 % à 14 % du salaire brut pour un employé. La charge peut atteindre 18 % dans le secteur du bâtiment. Les charges sociales suisses restent donc bien inférieures aux prélèvements sociaux français, qui s’élèvent à environ 23 % du salaire.

En plus de ces cotisations, le frontalier doit s’acquitter de la prime d’assurance maladie (LAMal ou CMU) et des frais de transport. Pour la santé, la prime LAMal s’élève en moyenne à 140 – 160 CHF par adulte et 40 CHF par enfant, tandis que la cotisation CMU représente environ 8 % du revenu fiscal de référence.

Du brut au net : exemples de calcul

Le passage du salaire brut au net suit la formule : Salaire brut − cotisations sociales − impôts prélevés à la source = salaire net. Les taux d’imposition varient selon le canton et la situation familiale. À Genève, un célibataire sans enfant est imposé autour de 10 – 12 % de son revenu. Voici deux exemples de calcul pour illustrer :

Salaire brut mensuel (CHF)Cotisations sociales (~14 %)Impôt à la source (estimation)Salaire net (CHF)Explications
6 000 CHF840 CHF≈ 600 CHF≈ 4 560 CHF6 000 CHF brut − 14 % de cotisations (840 CHF) − ~10 % d’impôt (600 CHF) ≈ 4 560 CHF net. À cela s’ajoutent la prime LAMal (~150 CHF) et les frais de transport.
6 700 CHF (≈ 80 k CHF/an)≈ 870 CHF600 – 1 200 CHF≈ 5 000 – 5 200 CHFPour un salaire annuel de 80 k CHF, les contributions sociales (12 – 14 %) représentent ~870 CHF. L’impôt à la source varie selon la situation familiale ; un célibataire paiera autour de 600 – 1 200 CHF par mois. Le salaire net avoisine ainsi 5 000 CHF.

Ces exemples mettent en évidence la rentabilité élevée des salaires suisses malgré des prélèvements obligatoires. Pour obtenir une simulation personnalisée, il est conseillé d’utiliser un calculateur brut/net comme celui proposé sur ch.brut‑en‑net.fr, qui prend en compte le canton, les heures travaillées et la LPP.

Fiscalité des frontaliers : où et comment payer ses impôts ?

Imposition en Suisse ou en France : dépend du canton

Le lieu d’imposition du frontalier dépend du canton d’activité. Si vous travaillez dans le canton de Genève, le fisc suisse prélève l’impôt directement à la source. En revanche, pour les cantons de Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura, Berne, Bâle‑Ville, Bâle‑Campagne et Soleure, l’impôt est payé en France, sauf si vous êtes de nationalité suisse ou si vous passez plus de 45 nuits par an en Suisse. Dans ce cas, vous devez remettre à votre employeur la formulaire 2041‑AS attestant de votre résidence fiscale en France pour éviter toute retenue en Suisse.

Les frontaliers imposés en Suisse voient leur employeur déduire l’impôt et le reverser aux autorités cantonales. Ce prélèvement couvre l’impôt fédéral, cantonal et communal et varie selon la situation familiale. Les travailleurs résidant en France mais imposés à la source doivent ensuite déclarer leur revenu en France et bénéficient d’un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant, supprimant ainsi la double imposition.

Pour les frontaliers imposés en France, l’employeur suisse ne prélève pas d’impôt. Le travailleur paie un acompte mensuel directement à l’administration fiscale française et régularise lors de la déclaration annuelle. Le taux de change retenu pour la conversion du revenu est fixé par l’administration (1 CHF = 1,07 € pour les revenus de 2024).

Quel régime choisir : TOU, DRIS ou quasi‑résident ?

En Suisse, l’impôt à la source est calculé selon un taux ordinaire unique (TOU) déterminé par le canton. Si au moins 90 % de vos revenus imposables proviennent de Suisse, vous pouvez demander le statut de quasi‑résident afin de déduire vos frais effectifs (intérêts d’emprunt, frais de garde, pensions alimentaires). Vous pouvez également demander une rectification de l’impôt à la source pour corriger votre taux ou déclarer des déductions supplémentaires. Les modalités varient d’un canton à l’autre, il est donc recommandé de se faire accompagner par un spécialiste.

Déclarations : formulaires et démarches

Même lorsque vous êtes imposé en Suisse, vous devez déclarer vos revenus en France. Les salaires suisses sont reportés sur la déclaration 2042 et détaillés sur l’annexe 2047. Ceux qui paient leurs impôts en France doivent régler un acompte contemporain et obtiennent un crédit d’impôt égal à l’impôt français sur le revenu suisse. Parmi les formulaires clés :

    • 2041‑AS : attestation de résidence fiscale à remettre à l’employeur pour éviter la retenue en Suisse.
    • 2042 & 2047 : déclarations annuelles en France pour les revenus suisses.
    • Demande de quasi‑résident / rectification : formulaire cantonal (par exemple « DRIS » à Genève) permettant de déduire des frais réels ou d’ajuster le taux.

Avantages et optimisations fiscales

Les frontaliers imposés en Suisse peuvent déduire leurs versements au 2ᵉ pilier (LPP) et, dans certains cantons, les contributions au 3ᵉ pilier. Les quasi‑résidents peuvent déduire leurs intérêts d’emprunt ou leurs frais de garde. En France, des dispositifs comme l’exonération des heures supplémentaires (pour ceux imposés en France) ou la déduction forfaitaire de 10 % sur les frais professionnels peuvent être utilisés. Comparer le taux d’imposition à la source avec votre taux marginal français et simuler plusieurs scénarios permet d’optimiser votre fiscalité.

Assurance maladie : LAMal ou CMU ?

Le droit d’option et son irréversibilité

À l’embauche, le frontalier dispose de trois mois pour choisir entre la LAMal (assurance maladie suisse) et la CMU (couverture maladie universelle française). Ce « droit d’option » est, en principe, irrévocable tant que le statut de frontalier persiste. Changer de régime n’est possible qu’en cas de déménagement définitif ou de cessation d’activité. Il est donc crucial de comparer les coûts et les garanties avant de se décider.

Comparaison des régimes LAMal et CMU

Régime d’assuranceMode de calcul des cotisationsCoût moyenAvantagesInconvénients
LAMal (Suisse)Prime fixe par personne, indépendante du revenu≈ 250 – 350 CHF/mois pour un adulte ; ≈ 40 CHF par enfantCouverture complète des soins en Suisse ; accès aux prestataires suisses ; possibilité d’utiliser le formulaire S1 pour des soins en France.Exposition au risque de change (prime en CHF) ; paiement des soins en Suisse avant remboursement ; prime élevée pour les familles nombreuses.
CMU (France)Cotisation proportionnelle : 8 % du revenu fiscal de référence après abattementVariable selon le revenu ; cotisation plafonnéeGratuité pour les enfants ; coût avantageux pour les foyers avec revenus modestes ; pas d’exposition directe au franc suisse.Couverture limitée en Suisse (urgences uniquement) ; pas de prise en charge des soins ambulatoires suisses ; cotisation augmentant avec le revenu.

Le choix dépendra de votre revenu, de votre situation familiale et de votre fréquence de soins en Suisse. Pour un célibataire à haut revenu, la LAMal est souvent plus compétitive. En revanche, pour un couple avec enfants et revenu modeste, la CMU peut s’avérer plus économique.

Rapatriement et gestion du salaire

Faut-il convertir son salaire en euros ?

Le taux de change CHF/EUR influence directement le pouvoir d’achat des frontaliers. Depuis 2020, le franc suisse s’est apprécié de 0,94 € à 1,10 €, rendant les revenus en francs plus intéressants mais augmentant aussi le coût des dépenses en France. Conserver une partie de son salaire en francs suisses permet de se protéger contre une dépréciation de l’euro, mais rapatrier en euros est indispensable pour régler ses dépenses en France. Il est recommandé de surveiller le marché et d’échelonner ses transferts.

Les différentes solutions de rapatriement

Le site changenligne.ch dresse cinq solutions pour convertir un salaire suisse en euros :

    1. Virement international depuis une banque suisse : c’est la méthode la plus simple mais la plus coûteuse. Les frais peuvent atteindre 30 € et le transfert prend 4 à 8 jours.
    2. Compte multi‑devises dans une banque frontalière : il permet de disposer d’IBAN en CHF et en EUR, mais les « packs frontaliers » comportent des frais de tenue de compte et une marge de change.
    3. Bureau de change : le change physique présente des frais élevés et des risques de transport d’espèces.
    4. Paiement par carte bancaire en euros : pratique, cette solution s’avère onéreuse en raison des commissions et du taux de change défavorable.
    5. Plateforme de change en ligne : Changenligne.ch permet de convertir des francs en euros avec un taux compétitif, sans frais cachés et en verrouillant le taux de change. La conversion se fait en quelques minutes et le virement est effectué sur votre compte bancaire français. Cette solution est généralement la plus avantageuse.

Optimiser ses transferts : conseils pratiques

Pour tirer parti de son salaire suisse, il est conseillé de :

    • Comparer régulièrement les offres : utilisez un comparateur ou testez plusieurs plateformes pour identifier la meilleure marge de change.
    • Verrouiller le taux : certaines plateformes, comme Changenligne.ch, permettent de fixer le taux de change à l’avance pour éviter les fluctuations.
    • Échelonner ses virements : répartissez vos transferts sur l’année pour lisser les variations du taux CHF/EUR et réduire le risque de convertir au plus mauvais moment.
    • Privilégier l’automatisation : programmez des virements réguliers via une plateforme pour éviter les oublis et bénéficier de frais réduits.

Un exemple concret : si votre salaire net est de 5 000 CHF, le convertir avec une plateforme en ligne au taux de 1 CHF = 1,0641 € vous rapporterait environ 5 320 € sans frais supplémentaires. En comparaison, un virement bancaire traditionnel pourrait coûter plus de 30 € et appliquer un taux moins avantageux.

Ressources utiles

Impots.gouv.fr : règles fiscales et formulaires pour frontaliers.

Urssaf.fr : démarches pour déclarer ses revenus et payer la cotisation CMU, déclaration des revenus deux ans en arrière et pénalités en cas de retard.

Changenligne.ch : informations détaillées sur le rapatriement et conversion des salaires.

Cet article n’est qu’une étape pour comprendre les mécanismes du salaire frontalier. Pour obtenir une simulation précise et adaptée à votre situation (canton, statut familial, régime d’assurance), n’hésitez pas à consulter un professionnel et à utiliser les simulateurs en ligne.

Auteur : Mehdi CHEVIGNOT

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