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Depuis 2021, le statut de quasi‑résident est devenu l’outil indispensable des frontaliers genevois souhaitant optimiser leur fiscalité. Créé à la suite d’un arrêt du Tribunal fédéral en 2010 et inscrit dans la loi fédérale sur l’impôt direct en 2021, ce régime permet à un non‑résident imposé à la source de demander une taxation ordinaire ultérieure (TOU). Lorsque les conditions sont réunies, la TOU offre les mêmes déductions fiscales qu’aux résidents suisses, ce qui peut réduire sensiblement la charge fiscale.
Pour un frontalier domicilié en France mais salarié à Genève, l’impôt est en principe prélevé à la source. Le statut de quasi‑résident permet de s’écarter de cette taxation forfaitaire et de déposer une déclaration complète via la taxation ordinaire ultérieure (TOU). Les autorités genevoises soulignent que cette option est ouverte aux contribuables dont au moins 90 % du revenu brut du foyer est imposable en Suisse. La TOU autorise alors les mêmes déductions que pour un résident : frais professionnels réels, charges de famille, intérêts d’emprunt, primes d’assurance, rachats de prévoyance, etc.
L’avantage principal est de transformer une taxation à la source brute en un calcul d’impôt net après déduction. Par exemple, un frontalier imposé 8 000 CHF à la source peut réduire son imposition à 5 500 CHF en tenant compte de ses charges. Les dépenses prises en compte sont détaillées plus loin.
Opter pour la TOU ne dispense pas de l’obligation de déclarer son salaire suisse en France. La convention fiscale franco‑suisse prévoit que le revenu genevois est exonéré en France mais doit y être déclaré pour le calcul du taux d’imposition français (méthode du crédit d’impôt). De plus, les quasi‑résidents restent soumis aux prélèvements sociaux sur leurs revenus de placements français. En revanche, la TOU peut permettre de réduire l’impôt suisse grâce à des déductions que le prélèvement à la source n’applique pas.
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Prendre rendez-vousPour bénéficier du statut, au moins 90 % des revenus bruts mondiaux du foyer doivent être imposés en Suisse. Cette condition s’apprécie chaque année et porte sur l’ensemble des revenus du foyer fiscal : salaires, bonus, revenus de capitaux, allocations, pensions, rentes, revenus immobiliers, etc. Depuis la réforme de 2021, il ne suffit plus que 90 % proviennent de Suisse, il faut que 90 % soient effectivement soumis à l’impôt suisse, ce qui exclut notamment les revenus de source française ou les salaires soumis à l’impôt en France. L’administration genevoise fournit un tableur de calcul pour vérifier l’éligibilité.
Le calcul du seuil de 90 % inclut les revenus du conjoint. Ainsi :
Un accord européen signé le 27 juin 2023 autorise les travailleurs frontaliers à télétravailler jusqu’à 40 % du temps sans modification de la répartition fiscale des revenus. Au‑delà, le salaire correspondant aux jours télétravaillés est réputé imposable en France et peut faire chuter la part de revenu imposé en Suisse sous le seuil des 90 %. Les frontaliers qui télétravaillent régulièrement doivent donc surveiller cette limite pour conserver leur statut de quasi‑résident.
Supposons un ménage où l’un des conjoints travaille à Genève pour 110 000 CHF et l’autre perçoit 10 000 € en France (environ 10 800 CHF). Les revenus imposés en Suisse représentent environ 91 %. Le foyer est donc éligible. À l’inverse, si le conjoint gagne 30 000 € en France ou perçoit 5 000 € de loyers, la part imposée en Suisse tombe sous le seuil et le statut est refusé.
L’intérêt majeur du statut est de pouvoir déduire ses dépenses réelles et ainsi diminuer la base imposable. Les dépenses déductibles sont listées par l’administration genevoise et sur notre site.
Grâce à ces déductions, la base imposable suisse peut diminuer fortement. Les comparateurs conseillent de simuler l’impôt dû avec et sans TOU pour mesurer l’avantage réel.
Le statut de quasi‑résident permet d’être imposé comme un résident et ainsi d’éviter une taxation jugée trop élevée pour les contribuables ayant de nombreuses charges. Il offre aussi la possibilité de profiter pleinement des rachats du 2e pilier ou des contributions au 3e pilier, instruments essentiels pour constituer une retraite complémentaire. Enfin, l’impôt est calculé sur le revenu net, ce qui améliore la visibilité financière et la cohérence avec la fiscalité française.
Malgré ses atouts, le statut de quasi‑résident comporte plusieurs inconvénients :
Il faut déposer chaque année une demande de rectification (DRIS/TOU) avant le 31 mars et transmettre de nombreux justificatifs. Les délais sont stricts et les formulaires complexes.
Les quasi‑résidents sont soumis à l’impôt sur la fortune et à la valeur locative de leur résidence en Suisse. Cette charge supplémentaire peut gommer une partie des économies réalisées.
Une fois la TOU demandée, il est impossible de revenir à l’imposition à la source pour la même année fiscale.
Si l’on n’a pas suffisamment de charges à déduire, dans ce cas, l’impôt calculé selon la TOU peut être supérieur à celui prélevé à la source.
Au‑delà de 40 % de télétravail, le salaire correspondant est imposable en France. Cela peut faire perdre le statut si la part imposée en Suisse passe sous 90 %.
La décision dépend de votre situation personnelle. Voici quelques pistes pour guider votre réflexion :
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Réduction de l’impôt grâce aux déductions des frais réels (frais professionnels, garde d’enfants, 2e et 3e piliers, assurances, intérêts d’emprunt) | Procédure administrative complexe : demande de TOU à renouveler chaque année avant le 31 mars |
| Possibilité de simuler l’impôt et d’adapter les cotisations de prévoyance | Impôt sur la fortune et valeur locative susceptibles d’augmenter l’impôt total |
| Traitement fiscal équitable, similaire à celui des résidents suisses | Choix irréversible pour l’année et perte possible de l’avantage si les déductions sont insuffisantes |
| Optimisation de la retraite (rachat 2e pilier, contributions 3e pilier) | Effet du télétravail : plus de 40 % de télétravail remet en cause l’éligibilité |
| Déclaration en Suisse alignée avec la fiscalité française (crédit d’impôt) | Soumission à la déclaration française (revenus genevois exonérés mais à déclarer) et au prélèvement social sur les revenus de placement |
Compte tenu de la complexité des règles et de la rigueur des délais, de nombreux frontaliers préfèrent faire appel à des conseillers fiscaux spécialisés. Ils peuvent simuler votre impôt, optimiser vos déductions et s’assurer du respect des obligations françaises et suisses.
En résumé, le statut de quasi‑résident est un outil puissant d’optimisation fiscale, mais il implique des obligations supplémentaires, notamment l’impôt sur la fortune, la déclaration ordinaire et le suivi annuel du seuil de 90 %. Le choix dépend de la composition de votre foyer, de vos revenus, de vos dépenses déductibles et de votre situation professionnelle (télétravail, travail du conjoint, etc.). Un accompagnement professionnel est souvent la clé pour en tirer le meilleur parti.
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